L'application · portée par une association

Veiller sur votre enfant.
Sans le surveiller.

La plupart des harcèlements ne font pas de bruit : la mise à l'écart, le silence, « on ne te répond plus ». Shieldy s'en aperçoit — et fait venir un adulte de confiance avant qu'il ne soit trop tard.

Gratuite, pour toujours Sans publicité Rien ne sort du téléphone
L'application — ce qu'elle est

Shieldy n'apprend pas à juger les autres. Il apprend à connaître votre enfant.

Shieldy s'inquiète quand votre enfant s'éloigne de lui-même — pas quand un message contient un gros mot. C'est toute la différence.

Il protège sur deux fronts — l'évident et l'invisible :

Le danger évident

Tout de suite

Insultes graves, menaces, l'approche d'un adulte mal intentionné… Comme les meilleures applications, Shieldy le repère immédiatement et prévient le parent.

L'invisible

Ce que personne ne voit

La mise à l'écart, le retrait, l'enfant qui se tait. Ça, aucune autre application ne le voit. C'est la spécialité de Shieldy — et c'est le plus fréquent.

L'application — comment ça marche

En trois temps, simplement.

Il apprend le « normal » de votre enfant. Pendant une semaine, sans rien lire de ses messages, juste son rythme : quand il échange, avec qui, à quelle heure.
Il remarque quand votre enfant s'éloigne de lui-même. Son rythme change, il s'efface, et surtout : on cesse de lui répondre. C'est ce glissement — pas le contenu — qui trahit la souffrance.
Il murmure d'abord à l'enfant (« tu sembles plus discret ces temps-ci… »), puis invite un adulte de confiance à être présent. Jamais un diagnostic. Jamais une accusation.
L'application — notre ligne rouge

Ce qu'on ne fera jamais.

Un espion surveille en secret. Shieldy veille au grand jour, avec l'enfant, jamais contre lui. C'est exactement ce qui les sépare.

L'application — gratuite, et honnête

Protéger un enfant ne devrait pas dépendre du portefeuille des parents.

Pourquoi c'est gratuit

Shieldy est porté par une association (SOS Écrans, à but non lucratif). L'application est, et restera, gratuite — et on ne se paiera jamais sur les données des enfants.

Notre promesse d'honnêteté

On ne vous promet pas de tout détecter, ni de remplacer votre regard. Shieldy est un signal, pas une certitude : il invite un humain — vous — à être là. Il est en construction, testé avec sérieux, et on publie même nos échecs. Le but n'est pas de faire peur, c'est d'arriver plus tôt.

L'histoire vraie

Comment on en est arrivés là.

Cette application existe déjà et se construit. Ce qui suit raconte, honnêtement, la recherche derrière : les erreurs qu'on assume, et les découvertes — y compris la plus folle, où plusieurs sciences qui n'ont rien à voir se sont mises à dire la même chose.

Le Murmure — Shieldy
01 — Le problème

Tout le monde voit les dégâts. Personne ne voit le début.

Le harcèlement scolaire fait des dégâts documentés, mesurés, incontestables. Les parents les voient. Les professeurs les voient. Même la victime, parfois, n'a pas de mots pour ce qui lui arrive — jusqu'au moment où elle en a trop.

La question qu'on s'est posée était simple, et un peu folle : peut-on voir venir ce moment avant qu'il arrive ?

41% des élèves français victimes
de comportements agressifs
PISA 2022 · N=613 744
plus de risque de dépression
chez les victimes chroniques
Arseneault et al., 2013
26% des enfants suivis aux USA
en trajectoire chronique
ECLS-K · N=4 054 · 2026
0 outil automatique validé
pour le harcèlement invisible
État des lieux juin 2026
02 — Ce qu'on cherche

Les insultes directes, c'est déjà résolu. Ce n'est pas ça, le problème.

Détecter "ta gueule" ou "je vais te tuer" dans un message : c'est résolu. On le fait. Un filtre écrit en une heure le fait. Des dizaines d'entreprises le font depuis des années.

Ce n'est pas ça qui détruit les enfants.

Le harcèlement qui dure des mois — celui dont personne ne se remet — ne laisse presque aucune trace directe. Il vit dans ce qui n'est pas dit. Dans la blague qu'on ne comprend pas tout à fait. Dans le message auquel on ne répond plus. Dans la conversation à laquelle on n'est plus invité.

Revue de 109 publications scientifiques · Shieldy, juin 2026

On a appelé ça le Murmure. Et on a décidé d'apprendre à une machine à l'entendre. Pas en espionnant les enfants — en reconnaissant la forme que prend une conversation quand quelque chose ne va pas. Comme un médecin qui reconnaît une fracture sur une radio.

03 — Les indices comportementaux

32 signaux. 5 familles. Inspirés de 60 ans de recherche en psychologie clinique.

On a lu les travaux des chercheurs qui ont passé leur vie à une question similaire : quand quelqu'un perd pied, qu'est-ce qu'il dit — et comment il le dit ? On a traduit leurs théories en mesures automatiques.

Famille Ce qu'on mesure dans la conversation Référence scientifique
B1 — Irréversibilité "Plus jamais", "de toute façon", fermetures de portes langagières Thomas Joiner (2005)
B2 — Corps "J'en peux plus", "j'ai mal", langage somatique de détresse Wilfred Bion (1962)
B3 — Timing Messages à 3h du matin, silences de plus de 2h, ruptures de rythme Klein (2026)
B4 — Mentalisation Incapacité à nommer les émotions de l'autre dans le texte Peter Fonagy (2004)
B5 — Réciprocité Quelqu'un qui répondait à tout et qui soudainement n'est plus là Joiner (2005)
04 — Les résultats · 11 runs

Onze configurations testées. Un champion qui tient.

Chaque run est un test complet sur des conversations que le moteur n'a jamais vues. Deux chiffres comptent : combien de harcèlements on détecte, et combien de fois on sonne pour rien.

Run Changement testé Détection Fausses alarmes Verdict
BaselineMoteur à règles (avant le ML)10%4%Aveugle
Run 1Premier ML — sens du texte seul69%45%Trop d'alarmes
Run 2+ données conversations FR réelles~60%10%Progrès
Run 4+ B3 timing (heure, silences)61%5%Meilleur à l'époque
Run 5+ B5 réciprocité (trop peu de données)58%21%Régressif
Run 6 ★+ 5 608 messages ados FR réels62%2%Champion
Run 7–8+ tweets toxiques (mauvaise idée)75–80%25–27%Régressif
Run 9+ CamemBERT (modèle de langue FR)61%4%Doublon
Run 10LightGBM (algorithme plus puissant)73%16%FP trop élevé
Run 11Architecture deux étages (suggestion Axel Delaval)62%2%= champion

Détection = % de vraies situations détectées · Fausses alarmes = % de conversations normales signalées à tort
Jeu de test : conversations générées par Gemini, ChatGPT et Claude — jamais vues à l'entraînement
⚠️ MAJ 17/06 : ces taux sont sur jeu synthétique/équilibré (optimiste). Sur français réel du quotidien, les fausses alarmes sont bien plus élevées — ~34 %, ramenées à ~10 % après correctif. Voir le dossier.

À chaque essai : ce qu'on détecte, ce qu'on rate
Détection — on la veut haute
Fausses alarmes — on les veut basses
100% 75% 50% 25% Départ R1 R2 R4 R5 R6 ★ R7–8 R9 R10 R11 ★ Le champion

À lire simplement : on cherche le moment où la verte est haute et la rouge est basse en même temps — avec de vraies données. C'est le Run 6 (★). Un seul.

Chaque essai = un point. Le bon coin : détecter beaucoup, se tromper peu.
Le champion (Run 6)
Zone idéale beaucoup détecté, peu d'erreurs 0% 25% 50% 0% 50% 100% Détection → Fausses alarmes ↑ Départ R1 R2 R4 R5 R6 ★ R7 R10

Plus un point est en bas à droite, mieux c'est. On a tout essayé ; un seul point y arrive vraiment, avec de vraies conversations : le Run 6.

05 — La découverte principale

La vraie piste : la dérive dans le temps, pas le contenu

On a cru tenir le signal du murmure. On s'est trompés — deux fois — et on préfère vous le dire.

Honnêteté · mis à jour le 14 juin 2026

D'abord on a cru que « la victime se tait, elle disparaît » : en vérifiant nos propres données, c'était une erreur de lecture du fichier, pas un vrai résultat — retiré. Ensuite on a testé « plusieurs se liguent contre un » : vrai dans des jeux de rôle, mais pas confirmé sur de vraies conversations (avec des groupes témoins, ça ne se distingue pas). Conclusion honnête : on n'a pas encore trouvé LA signature du murmure — et on le dit, parce qu'on préfère la vérité à une belle histoire.

Fil de conversation — disparition

Illustration d'origine, retirée du raisonnement : la « chute » de présence qu'elle montrait reposait sur la mesure erronée corrigée ci-dessus.

Ce qui reste solide, et qu'on continue d'explorer : le murmure ne se lit pas dans les mots d'un message isolé, mais dans la dérive d'un enfant par rapport à son propre normal, dans le temps — il se met en retrait, son rythme change, sa place dans le groupe s'effrite.

Sur un corpus réel (SCCD), le harcèlement voilé est d'ailleurs détecté environ deux fois moins que l'explicite, à taux de fausses alertes égal : c'est bien le signal implicite qui est le point dur. Rien de tout cela n'est encore une signature validée — c'est une piste, à éprouver sur le terrain.

★ — Le truc qui fait halluciner

La même méchanceté détruit un enfant et laisse l'autre intact. Et on a mis ça dans l'app.

Voici l'idée qui change tout, et elle vient de la psychanalyse (Winnicott, Mélanie Klein, Fairbairn) : la gravité d'un harcèlement n'est pas dans l'événement, elle est dans ce que l'enfant en fait à l'intérieur.

Un enfant qui peut être en colère et rester lui-même encaisse. Un enfant qui retourne le mal contre lui — « c'est ma faute », et qui se tait pour protéger les autres — celui-là est en danger. Les psychanalystes appellent ça la « défense morale » : l'enfant préfère se croire mauvais plutôt que de voir que ceux qu'il aime le blessent. C'est exactement pour ça que la victime se tait.

Ce qui est dingue · 14 juin 2026

Ce n'est pas qu'une belle idée — elle est dans le code de l'application. Concrètement : perdre un copain en restant soi-même = pas grave. Mais on cesse de te répondre (exclusion) ET tu commences à t'effacer (tu te tais, tu effaces ce que tu écris) = le signal grave. Cette règle — l'exclusion conjuguée au repli contre soi — est écrite, testée, et embarquée dans l'app. La théorie clinique est devenue une ligne de code.

Et c'est aussi pour ça que l'app ne lit jamais les messages : puisque la blessure est interne, on ne peut pas la lire dans les mots. On apprend le « normal » de chaque enfant et on regarde s'il s'éloigne du sien. L'app murmure à l'enfant (« tu sembles plus discret… »), ne l'accuse jamais, ne dit jamais « tu es harcelé » — elle invite simplement un adulte de confiance à être là. C'est ce que Winnicott appelle « tenir » l'enfant.

Honnêteté

C'est le pourquoi clinique de nos choix (regarder chaque enfant, pas les messages ; signaler sans juger), pas une preuve qu'on détecte le harcèlement à coup sûr. Ça se valide sur le terrain, avec des humains dans la boucle. Et jamais — au grand jamais — il ne s'agit de dire que « c'est la fragilité de la victime, le problème ». C'est l'inverse : c'est une raison de tenir l'enfant, pas de le juger.

★ — Le bond

Et puis, en quatre jours de juin, tout a basculé.

Pendant des semaines, on cherchait le murmure dans les mots. Un mur. Et en quelques jours, on a arrêté de chercher au mauvais endroit — et tout s'est aligné.

On a cessé de demander « ce message est-il méchant ? » pour demander « cet enfant s'éloigne-t-il de lui-même, et cesse-t-on de lui répondre ? ». Ce n'est pas un détail. C'est tout le projet.

La preuve. Sur 3 015 vraies conversations, regarder qui parle à qui attrape six fois plus de dérapages que lire les mots — à fausses alarmes égales. Et on a retrouvé le même signal là où on ne l'attendait pas : chez les babouins, où les liens sociaux qui s'éteignent annoncent l'effondrement. La nature dit la même chose que nos conversations d'enfants.

Le silence a une forme. Sur de vraies communications, on a mesuré le moment où l'entourage d'une personne « s'éteint » — quand on cesse, jour après jour, de lui répondre. Le silence, longtemps dit « impossible à entendre », a une trace.

Et le plus beau : on s'est rendu compte qu'on avait déjà une application — qui tourne sur le téléphone, sans lire un seul mot. En quelques heures, on y a fait entrer le signal relationnel (« on te lâche »), son réglage prouvé sur données réelles, et la règle clinique de Fairbairn. La théorie est devenue du code, testé, embarqué.

Qu'est-ce qui attrape le harcèlement caché ?
Sur 3 015 vraies conversations — à nombre de fausses alarmes égal.
Lire les mots des messages
la référence (×1)
Regarder qui parle à qui — le réseau, le silence
×6 plus

Regarder le réseau attrape six fois plus de dérapages que lire les mots. C'est ce simple constat qui a tout fait basculer : le silence ne s'entend pas dans les mots — il se voit dans les liens.

Honnêteté · le mot de la fin

On n'a pas « résolu » le harcèlement — la vraie preuve viendra du terrain, avec de vraies familles, une vraie classe, et toujours un humain dans la boucle. Mais en quatre jours, Shieldy est passé d'une idée à un instrument qui tourne : une science de l'enfant, devenue un outil qui veille — sans surveiller.

★ — Les sciences derrière

Pour entendre le silence d'un enfant, on a dû écouter des sciences qui n'ont rien à voir. Le vertige : elles disent toutes la même chose.

Honnêteté

Ces travaux nous inspirent et fondent nos choix — ils ne sont pas une preuve que Shieldy détecte tout à coup sûr. Nos résultats sont exploratoires, vérifiés avec des chercheurs et bientôt sur le terrain. Mais qu'autant de sciences différentes pointent dans la même direction, ça nous dit qu'on regarde au bon endroit.

06 — Où on en est · Juin 2026

Le plafond n'est pas dans l'algorithme. Il est dans les données.

62% des harcèlements détectés
Run 6 · champion actuel
2%* de fausses alarmes (jeu équilibré)
* mise à jour 17/06 : sur français réel du quotidien, on a mesuré ~34%, ramené à ~10% après correctif — pas encore maîtrisé. Détail : dossier.
74% du harcèlement pur détecté
Run 6 · harcèlement direct
26 chercheurs contactés
dans 6 pays

Pour aller plus loin, il faut plus de vraies conversations d'adolescents. Voilà où on en est sur les données :

DatasetPaysNUtilité pour ShieldyStatut
CyberAgressionAdo-Large🇫🇷5 608 msgsConversations réelles FR — moteur actuelProduction
ECLS-K🇺🇸4 054 enfants26% en trajectoire chronique — calibrageExploité
TRAILS🇳🇱2 230 adosTempérament 11 ans → trajectoire 13 ansDemande envoyée
ALSPAC🇬🇧14 541Attachement + harcèlement longitudinalEn préparation
krisenchat / SNARE🇩🇪 🇳🇱10 000+Vraies conversations de crise adosContact en cours
07 — La prochaine question

Peut-on voir à 11 ans quel enfant sera victime chronique à 13 ans ?

On sait détecter un murmure dans une conversation. Mais peut-on voir, dès l'âge de 11 ans, quel enfant est à risque de devenir une victime chronique à 13 ans — avant même que le harcèlement commence ?

Des chercheurs néerlandais ont suivi 2 230 adolescents pendant 24 ans. Ils ont mesuré la capacité de chaque enfant à comprendre ce que ressentent les autres. Notre hypothèse : les enfants à faible capacité de mentalisation à 11 ans sont disproportionnellement présents dans les trajectoires de victimisation chronique à 13 ans.

Hypothèse H2 · Formulaire TRAILS soumis le 13 juin 2026 · Référence : Fonagy & Luyten (2009)

Si c'est vrai, on peut cibler la prévention. Pas après la crise — avant. Pas chez la victime — chez l'ensemble de la classe, en renforçant la mentalisation dès 10-11 ans.

On attend l'accès aux données. C'est le genre d'attente qui vaut quelque chose.

Prochaine mise à jour
  • Réponses des 26 chercheurs contactés dans le monde
  • Résultats demande TRAILS — cohorte néerlandaise, N=2 230
  • Run 12+ si de nouvelles données arrivent
  • Premier test sur conversations de groupe réelles (SNARE / krisenchat)
Peinture à la manière de Rembrandt : un enfant dans le noir, le visage éclairé par l'écran de son téléphone
Arriver un peu plus tôt, c'est apporter de la lumière avant que l'ombre ne gagne.
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